Abstract
Cette étude traite de la façon dont l’armée guatémaltèque a utilisé le déplacement et la concentration des populations rurales dans des camps et des habitats concentrés comme moyen de rétablir le contrôle sur le territoire national dans le contexte de l’insurrection armée du début des années 1980. Les officiers guatémaltèques ont été profondément influencés par les diverses expériences des campagnes de contre-insurrection menées en Algérie et au Vietnam. Au Guatemala plus particulièrement, la gestion de la population par différents programmes « d’action civique » a joué un rôle décisif dans la guerre civile. S’appuyant sur des contributions théoriques de Foucault, Lefebvre et de Certeau, portant sur l’organisation spatiale de l’État, l’analyse identifie les trois formes de cette urbanisation contrainte : la concentration des populations déplacées dans des sites s’apparentant à des camps en 1982 ; l’introduction de « villages modèles » et de « pôles de développement » en 1983-1984 ; la stabilisation de « communautés » rurales dans les années 1990, conséquence des efforts de reconstruction après-guerre dans d’anciennes zones de conflit. Ces trois entreprises d’urbanisation combinent des formes spatiales d’organisation avec des processus de subjectivation imprégnés d’idées et de techniques visant à façonner des sujets civilisés et une communauté politique réformée.
| Translated title of the contribution | Counterinsurgency and urbanization in the Guatemalan civil war |
|---|---|
| Original language | French |
| Journal | Critique Internationale |
| Volume | 2018/2 |
| Issue number | 79 |
| Pages (from-to) | 109-132 |
| Number of pages | 23 |
| ISSN | 1290-7839 |
| DOIs | |
| Publication status | Published - 20 May 2018 |
Keywords
- Counterinsurgency
- Civil war
- strategic hamlets
- Guatemala